Matières premières Mines

Boliden AB

SUÈDE · EUROPE

Chiffre d'affaires

8,3 Md€ en 2025

Employés

≈ 8 000 personnes

Valeur de l'action

49,18 € au 07/09/2026

Évolution du cours

+ 87 % sur 5 ans

Boliden est un groupe industriel suédois spécialisé dans la production de métaux de base et précieux : cuivre, zinc, plomb, or, argent et nickel.

Fondé en 1924 autour d’un gisement aurifère du nord de la Suède, le groupe est aujourd’hui un acteur intégré qui maîtrise toute la chaîne : exploration, extraction minière, fonderies (transformation des minerais en métaux) et recyclage. Il exploite huit mines et cinq fonderies réparties entre la Suède, la Finlande, la Norvège, l’Irlande et le Portugal.

Avec 93,5 milliards de couronnes suédoises de chiffre d’affaires en 2025 (environ 8,3 Md€) et près de 8 000 employés, Boliden figure parmi les premiers producteurs de cuivre et de zinc d’Europe. En 2025, le groupe a élargi son périmètre minier en acquérant deux mines, l’une au Portugal, l’autre en Suède.

Focus industriel

Le cuivre et le zinc sont des métaux structurels de l’électrification : réseaux électriques, éoliennes et véhicules électriques en dépendent directement. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIEAgence internationale de l'énergie), la demande mondiale de cuivre raffiné (environ 27 millions de tonnes en 2024) pourrait atteindre 37 millions de tonnes en 2050, tandis que les projets miniers connus laissent entrevoir un déficit d’offre d’environ 30 % dès 2035. La contrainte est aussi géologique : la teneur moyenne des minerais de cuivre a reculé d’environ 40 % depuis 1991, ce qui accroît l’énergie nécessaire à chaque tonne produite.

Mineur et fondeur intégré, Boliden met en avant des métaux à faible empreinte carbone : un avantage qui tient surtout au mix électrique nordique très décarboné de ses sites. Le groupe a fait valider ses objectifs climatiques par la Science Based Targets initiative (SBTi), organisme qui évalue la cohérence d’une cible carbone avec une trajectoire 1,5 °C.

Le paradoxe demeure : l’extraction minière est lourde et énergivore, mais aucun scénario de transition ne s’en passe.

Exemple concret de rationalisation des ressources

Au cœur de sa fonderie de cuivre de Rönnskär, Boliden exploite l’une des plus grandes unités de recyclage de déchets électroniques au monde, d’une capacité d’environ 120 000 tonnes par an. Cartes de circuits imprimés d’ordinateurs et de téléphones y sont broyées puis fondues dans un four spécialement adapté, pour en extraire cuivre, or et argent. C’est une application directe de la sobriété matérielle : faire d’un déchet une ressource et « extraire » le métal des villes plutôt que du sous-sol.

L’intérêt est d’abord physique. Selon l’AIEAgence internationale de l'énergie, produire un métal à partir de matière recyclée émet en moyenne 80 % de gaz à effet de serre en moins que la production primaire issue du minerai. Une part significative du cuivre, de l’or et de l’argent de Rönnskär provient déjà de matières récupérées.

Analyse critique : le levier est réel et déployé de longue date, mais sa portée doit être mesurée. Les volumes traités restent modestes face aux concentrés miniers, et le recyclage reste tributaire de taux de collecte encore faibles. L’AIE estime qu’il pourrait réduire d’environ un tiers le besoin de nouvelles mines de cuivre d’ici 2050 : il atténue la pression sur l’extraction, sans la supprimer.

L’avis de Chloé in the Sky

Le test de substitution est sans appel : sans cuivre ni zinc, pas d’électrification. Aucun matériau ne les remplace à grande échelle. Cette essentialité, conjuguée à un profil carbone parmi les plus compétitifs du secteur, fonde l’intérêt porté à Boliden.

L’entreprise illustre toutefois la règle de non-compensation entre scopes. Ses émissions directes (scopes 1 et 2) ont reculé de 15 % depuis 2021 ; ses émissions indirectes (Scope 3émissions indirectes d'une entreprise liées à sa chaîne de valeur, en amont (matières premières, transport) comme en aval (usage et fin de vie des produits vendus), non harmonisées entre producteurs d'acier et d'aluminium.), quatre fois supérieures, ont augmenté de 15 % sur la même période. C’est là le vrai chantier.

Deux points de vigilance : l’exportation, dans les années 1980, de déchets toxiques vers Arica, au Chili, un dossier judiciaire emblématique, et une croissance par acquisitions qui alourdit l’empreinte absolue. Le maintien en portefeuille suppose une baisse vérifiable du scope 3, pas seulement de son intensité.

Sources

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